Dans l'apprentissage de la lecture, l'acquisition du principe alphabétique est une étape incontournable.
1) Que signifie « Comprendre le principe alphabétique » ?
Comprendre le principe alphabétique, c'est comprendre qu'à une lettre isolée ou à un groupe de lettres (graphème) correspond un son (phonème).
Avant cela, il faut que l'apprenti-lecteur prenne conscience que les mots sont composés de syllabes, que ces syllabes peuvent s'isoler à l'oral et qu'entre la syllabe orale et la syllabe écrite, il y a des règles.
2) Quelle est l'importance du principe alphabétique dans l'apprentissage de la lecture ?
L'Observatoire National de la Lecture (ONL) affirme que «cette découverte... est le véritable moteur de l'apprentissage de l'identification des mots. » (Apprendre à lire, 1998, p23)
D'autre part, dans les documents d'accompagnement des programmes (lire au CP2, p7) il est stipulé qu'en fin de grande section « si des élèves n'ont pas accédé à la compréhension du principe alphabétique, sans doute y aura-t-il là un obstacle insurmontable pour nombre d'activités qui peuvent leur être proposées dans un CP habituel. C'est donc dès le début de l'année que des projets coordonnant l'action en classe et en dehors de la classe (avec le RASED) sont mis en place. » (Lire au CP2, p26).
Il est donc très clair que si le principe alphabétique n'est pas découvert en fin de maternelle
« c'est une conquête prioritaire pour l'enseignant au cours des premières semaines de CP » (Goigoux 2000, p19)
3) Comment faciliter la découverte du principe alphabétique dès le début de l'apprentissage de la lecture ?
Pour cela , l'élève doit acquérir deux capacités :
Celle de décomposer les mots en syllabes, puis en sons (phonèmes)
ex : lapin => la /pin => l/a et p/in
En termes savants, c'est l'analyse phonémique.
La difficulté, c'est que la plupart des sons ne s'isolent pas auditivement dans « lapin ».
L'apprenti-lecteur ne peut pas isoler les sons [l] et [a] de la première syllabe car [l] et [a] sont liés. Personne ne peut les isoler véritablement.
Celle de faire correspondre les sons (phonèmes) et les lettres ou groupes de lettres (graphèmes).
Il s'agit de connaître une douzaine de correspondances, parmi les plus simples, c'est à dire les voyelles (a/e/i/o/u/é) et quelques consonnes facilement isolables auditivement (s/v/f/r par exemple).
Un entraînement très précoce d'une part à la décomposition des mots en syllabes et à la fusion (opération inverse) et d'autre part à l ‘apprentissage du code (b+a=ba) sur quelques correspondances, amène l'enfant à comprendre les fondements de la lecture.
L'ONL dans « Apprendre à lire » (1998) a détaillé les propos ci-dessus.
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